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24 décembre 2013 2 24 /12 /décembre /2013 19:31

 

Je regarde le vent détruire mes protections. 


Je suis derrière la vitre  à l'étage, impuissante mais sans rage.


Et pourtant, cette rage a été ma compagne il y a deux heures quand le réveil a indiqué 5h14 et que je me suis sentie le courage d'aller voir ce que le bruit entendu  avait à me révéler de plus que ce que j'avais vu dans la nuit, à savoir que tout allait bien. Jusqu'à maintenant, les coups d'œil de cette nuit m'avaient révélé  que  les panneaux se pliaient au jeu du vent avec bonne volonté et restaient en place.


5h 25, c'est l'heure à laquelle  la rage s'empara de mes tripes alors que, debout, bottes aux pieds, malmenée par le vent, je constatais les dégâts sur les panneaux installés face à la baie vitrée du salon, ceux qui m'avaient demandé tant de mal pour les fixer et qui  me semblaient solides et  avec moins de prise au vent que ceux plus loin dans la partie jardin.


La rage m'a aidé à les soulever, à  tenter de les replacer comme je le pouvais et  à essayer désespérément de refixer le film occultant au grillage en luttant contre le vent. J'ai été plus d'une fois dans l'incapacité de le faire, repoussée loin du grillage par le gonflement du film,  qui telle une voile de bateau prenant le vent s’opposait à moi et m’étouffait, me maintenant à distance.


Je me suis retrouvée plus d'une fois parterre, renversée par les panneaux que je cherchais à  maintenir sur le grillage en dépit de ce vent qui luttait contre moi. La lutte était inégale, je le savais, mais je ne voulais pas m’avouer vaincue, pestant et m'écorchant les mains sur le bois.


La rage m'a fait jurer et maudire ce lieu , elle a fait remonter en moi la volonté d'être ailleurs ,très loin, dans une région que j'aime ; elle m'a laissée les larmes aux yeux, allongée sur des panneaux, finalement rassemblés tant bien que mal à plat sur le  sol, avec le dernier renversé sur moi, telle une gisante prise en sandwich et réduite  à rien, gelée et anéantie moralement.


Puis la rage est partie dans deux ou trois coups de pied, hurlements et autres vociférations pour me dégager. Debout, j'ai regardé la catastrophe, la mise à nu du grillage, au point que de la rue je voyais jusque dans la cuisine à travers le salon, ne nous laissant plus aucune intimité et sans protection visuelle pour Hiemsal.


 Tout ce travail réalisé cet été réduit à rien.


La rage, telle une tempête, a disparu d'un coup ne laissant sur le champ de bataille que celle du vent, déchainé. Le calme s'est fait en moi, la respiration est venue remplir le vide.


 Je suis rentrée me mettre au chaud, sans plus vouloir penser à ça.

 

Derrière ma vitre,   je me dis que c'est Noël et  que c'est la seule pensée que je dois garder en moi.

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